ADIEU TEXACO

Les recherches de William Rolle sont consacrées à l’alimentation, la famille, l’anthropologie urbaine. Il a travaillé sur le quartier de Texaco (1984-1985), première opération de réhabilitation de l’habitat insalubre en Martinique. Il mène aujourd’hui une réflexion sur l’anthropologie visuelle en utilisant la photographie des intérieurs comme méthode d’investigation associée à l’enquête sociologique.
Ses analyses sur la mutation de la famille antillaise et l’évolution de l’espace urbain se poursuivent par des (…) – Matinik


Les recherches de William Rolle sont consacrées à l’alimentation, la famille, l’anthropologie urbaine. Il a travaillé sur le quartier de Texaco (1984-1985), première opération de réhabilitation de l’habitat insalubre en Martinique. Il mène aujourd’hui une réflexion sur l’anthropologie visuelle en utilisant la photographie des intérieurs comme méthode d’investigation associée à l’enquête sociologique.

Ses analyses sur la mutation de la famille antillaise et l’évolution de l’espace urbain se poursuivent par des études sur le crack et la prostitution, l’élaboration d’étude savant la réhabilitation de quartiers populaires(Canal Alaric pour Fort-de-France, Vieux Pont pour la commune du Lamentin) .

Membre de la Revue de sciences humaines et de littérature « Carbet » – 1985-1996 —(coordination du numéro 6 consacré à la famille antillaise), il anime la Revue d’Anthropologie Tyanaba (coordination du numéro 4 « Urbanités Martiniquaises » (2000).

Si l’expression « mangrove urbaine » a pu voir le jour c’est en réaction aux discours d’exclusions qui longtemps ne frappèrent que les quartiers insalubres. Cette métaphore signifiait que la population des quartiers était une potentialité pour la Martinique, que ses forces avaient constitué les résistances culturelles du pays. Nous avions avec une étude [1] sur le quartier de Texaco montré toute la richesse d’un quartier d’habitation spontané. Aujourd’hui, avec cette étude sur Vieux-Pont nous ne pouvons qu’infirmer ce discours. Vieux-Pont zone butoir, cloaque urbain, terrain de prédilection pour migrants en rupture sociale, espace géographique d’exclusion. Ce triste constat peut surprendre et sembler exagéré ; c’est une des réalités de la société martiniquaise contemporaine.

Nous relatons ici le déplacement des habitants de Vieux-Pont vers un autre quartier du Lamentin, Bois-d’Inde. En délaissant l’option selon laquelle un quartier en position marginale peut redevenir vital à la ville à l’issue d’une réhabilitation sur site la rénovation urbaine à la Martinique entre dans une phase de rupture. Le déplacement des résidents, légaux ou squatters, s’avère être l’unique solution pour ne pas accentuer la marginalité. Ce constat d’une mémoire indisponible pour extrapoler des solutions d’aménagement est lourd de conséquences pour l’avenir de la Martinique.

La question urbaine en Martinique se pose à partir de trois exigences : la politique urbaine élaborée en France, avec ses multiples remaniements ; la question de l’urbanisme dans des villes du tiers-monde et, enfin, une problématique antillaise de l’espace.

Certains problèmes que la Martinique ne parvient que partiellement à résoudre dépassent le cadre strictement économique : parce qu’il s’agit de questions de dépendance, concernant la Martinique et son ancienne tutelle colonisatrice, la métropole France. Le cadre de l’habitat reflète cette contradiction du statut, en ce sens qu’en début du XXI siècle on trouve encore dans l’île des habitats dégradés, des poches d’insalubrité qu’il faut débusquer. Ce qu’on y voit qui fait songer au Nanterre des années cinquante, les bidonvilles d’avant les grands ensembles, mais également à ce qui est le lot de n’importe quel pays en voie de développement.

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Source : « La somme et le reste », N° 8, novembre 2006


[1] Étude de faisabilité du Contrat Famille sur la ville de Fort de France. 1985. Ministère des Affaires Sociales et de la Solidarité Nationale – Mairie de Fort-de-France – Lariamep.


Posté: 2008-10-28 18:30:34


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