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La Caraïbe rend hommage à Aimé Césaire
Après Sir John Compton, le père de la nation Ste Lucienne , la Caraïbe a perdu une autre de ses figures emblématiques en la
personne d'Aimé Césaire.
L'écrivain, poète et homme politique martiniquais est décédé jeudi 17 avril à l'âge de 94 ans.
De nombreux représentants officiels des pays caribéens, comme Cuba , Haïti ou la Dominique , étaient présents tors des
funérailles d'Etat organisées par la France le 20 avril à Fort-de-France.
René Depestre, poète et écrivain haïtien, né en 1926 à Jacmel, et ami d'Aimé Césaire, déclare, pour sa part, que «son œuvre
a été le journal de bord de plusieurs générations d'intellectuels caribéens et africains ». Après avoir assisté à un
séminaire d'Aimé Césaire en Haïti, en 1944, il évoque leur rencontre, quelques années plus tard, à Paris. Leur entretien le
plus important, à ses yeux, eut lieu en 1967 à Cuba. Ils y abordèrent de nombreuses questions, tels les dangers d'une interprétation erronée du concept de négritude, la nécessité de ne pas tomber dans le piège historique, d'éviter la haine et l'intégrisme. Lors de
leurs rencontres suivantes, Césaire lui confiait sa tristesse face à « la folie de certains Martiniquais qui voulaient
l'indépendance ». René Depestre se sent le fils spirituel de Césaire, l'homme qu'il a le plus admiré. Et le poète et
écrivain haïtien de préciser que « la France n'a pas encore réalisé la stature et l'importance de Césaire dans la
littérature et dans la conscience publique, pour la France et pour le monde entier. Il a apporté beaucoup à notre culture.
La Francophonie a un avenir grâce à lui, au-delà des clivages droite-gauche».
SALUT UNANIME DE LA CARAÏBE LITTÉRAIRE
Comme beaucoup d'intellectuels de la Caraïbe , Aimé Césaire était passionné par la redéfinition de l'identité noire.
Aujourd'hui, une nouvelle génération d'écrivains caribéens, dont les libertés d'expression et de réflexion peuvent être en
partie attribuées à l'impact de ses écrits, lui a rendu un vibrant hommage...
Nicholas Laughlin, d'origine trinidadienne et éditeur du « Caribbean Review of Books » cite, sur son blog, un passage du «
Mémorandum sur ma Martinique» d'Aimé Césaire.
L'écrivain et poète jamaïcain Geoffrey Philp a, quant à lui, rédigé un court essai, le lendemain de la mort du poète
martiniquais , qu'il a mis en ligne sur son blog. Il y salue le courage et l'impact du travail d'Aimé Césaire ressenti bien
au-delà de la Caraïbe.
Il y fait également part de son énorme respect pour Aimé Césaire, pour ses prises de position féroces contre le
colonialisme britannique, espagnol, hollandais et français. Il conclut en disant : « si le but de n'importe quelle vie est
la liberté, alors Césaire était une lumière ».(source la gazette des caraibes ) |