Marie-Galante au temps de l’Indigo

Maison de l'indigo, Guadeloupe


À Marie-Galante, l’indigo renvoie aux vestiges d’une activité qui dura près d’un demi-siècle – de 1680 à 1730 – et joua un rôle important dans l’économie de l’île. Encore visibles et facilement accessibles, certaines ruines méritent le détour.

Ici, la végétation est couchée, battue à l’année par le vent. La lumière, filtrée par les embruns, aplatit les couleurs et donne au paysage un éclat mat, hors du temps. Nous sommes aux Galets, région sud-est de Marie-Galante, délaissée par le plus grand nombre, sauf quelques éleveurs qui laissent brouter leurs vaches efflanquées sur ces friches délimitées par les poiriers pays centenaires et une poignée de surfeurs qui profitent de la houle cassant par séries sur les pâtés de corail. Régulier, le fracas des vagues en gerbes blanches sur le plateau karstique se distingue du bruit sourd né du frottement des alizés sur l’Atlantique. Là, le regard couvrant le littoral n’a pas besoin d’aide pour trouver la direction du vent. Il vient de l’est et courbe les cocotiers, les raisiniers bord de mer, les mancenilliers et autres pieds de pommes surettes. Sur cette grande plaine côtière qui part des grottes de Morne Rita et s’étend au loin, on trouve aussi des indigotiers sauvages et des restes de murs de pierres organisés en carrés. Il s’agit des ruines de l’indigoterie de Grand-Fond, dont on lit encore sans trop de peine le fonctionnement, dès lors que l’on en a quelques notions. Le Père Labat, l’un des grands observateurs et témoins de l’histoire des îles antillaises affirmait au début du XVIIe siècle que : « Tout le monde scait ou doit scavoir que l’indigo est une teinture dont on se sert pour teindre en bleu les laines, les soyes, les toiles et les étoffes à qui on veut donner cette couleur. »*

Maison de l'indigo, Guadeloupe

Commerce clandestin

Chaque indigoterie disposait d’une installation comprenant au moins trois cuves en pierres superposées. La première était appelée la trempoire ou la pourriture. C’est en effet là qu’étaient mises à tremper les feuilles d’indigotier qui fermentaient en dégageant une odeur nauséabonde. L’eau devenue visqueuse était ensuite déversée dans le deuxième bassin ou batterie car on en battait le contenu pour lui donner, par oxydation, sa couleur bleue. Le liquide coloré s’écoulait ensuite dans la troisième cuve, le reposoir où il décantait. La pâte obtenue était disposée dans des sacs de jute permettant de filtrer l’eau, puis mise à sécher dans des caissons de bois. Une fois transformé en poudre, l’indigo était ficelé dans des sacs de toile envoyés par les navires marchands jusqu’en Europe.

Aux Antilles, l’indigotier a été importé d’Inde et mis en culture de façon organisée à partir de 1640, après la chute du prix du tabac. En 1686, on dénombrait plus de cent indigoteries dans l’archipel guadeloupéen. 86 verront le jour à Marie-Galante, plus particulièrement dans la région des Galets et des Bas (Nord). En effet, pour établir une indigoterie, il fallait qu’en un site soient réunis un climat chaud et sec, une grande quantité d’eau douce et l’espace nécessaire aux manipulations et à la nombreuse main d’œuvre requise. La région des Galets, outre ses qualités climatiques et de réservoir d’eau facilement accessible, est aussi suffisamment loin des ports principaux pour y effectuer toutes  sortes de commerce clandestin. En effet, les premiers colons avaient peu de moyens et cherchaient à détourner leurs productions agricoles des taxes imposées au passage en port. Ainsi, les voiliers stationnaient au large et les esclaves nageaient jusqu’à eux en poussant les cargaisons de marchandises.

Un projet de réhabilitation

Maison de l'indigo, GuadeloupeAux XVIIe et XVIIIe siècles, Marie-Galante fut le théâtre de nombreuses attaques entre Anglais, Français et Hollandais, ce qui favorisa paradoxalement la poursuite de l’activité indigotière. C’est ce qu’affirme une étude effectuée par Xavier Rousseau et Yolande Vragar** : « A la suite de l’attaque anglaise de 1691,  l’île fut désertée par les habitants qui revinrent progressivement s’y réinstaller après quelques années malgré l’interdiction des autorités. Faute de capitaux pour reconstruire les sucreries, ils s’orientèrent vers la production de l’indigo qui nécessitait moins d’investissement et qui était plus facile à écouler illégalement. » Mais peu à peu, explique Pierre Cafournet, assistant de conservation à l’Ecomusée de Marie-Galante (Habitation Murat), « alors que d’autres cultures secondaires comme le café ou le coton avaient dépassé celle de l’indigo, sans la faire disparaître totalement, la monoculture de la canne s’est imposée, balayant toutes les autres cultures ». Parallèlement, la production d’indigo de Saint-Domingue prend des proportions considérables et le libéralisme grandissant des échanges poussant à la spécialisation des productions, la culture indigotière de la Guadeloupe et de Marie-Galante est, dès 1730, sur le retour.
L’histoire prendra-t-elle sa revanche ? Tombée dans l’oubli, la culture de l’indigo pourrait bientôt intégrer les circuits de découverte de Marie-Galante. « Dans le cadre du projet scientifique de l’Eco-musée de Marie-Galante, une réhabilitation de l’ancienne indigoterie des Galets ainsi que du puits de Pavillon est prévue », poursuit Pierre Cafournet. Un projet des plus valorisants pour une île essentiellement connue pour ses « cents moulins ».

*Révérend Père Labat – Nouveau Voyage aux isles Françoises de l’Amérique  – 1722.
**In Indigoteries de Marie-Galante Rousseau & Vragar, Journal of Caribbean Archaeology Special Publication #1, 2004.

 

Faire revivre la tradition de l’indigo

Il fallait sans aucun doute des passionnés pour faire revivre dans l’archipel la tradition de l’indigo. Installés depuis 18 ans en Guadeloupe, Anne et Ghislain se sont lancés dans l’aventure, au gré d’un changement de vie radical. Fini le commercial et l’agencement en Grande-Terre ; place au rêve et à la couleur, sur l’île de la Désirade !
« Tout est parti d’un article que nous avons lu sur l’indigo », explique, amusé, Ghislain. « Nous avons alors cherché la plante et nous nous sommes aperçus qu’elle poussait partout en bord de mer. Puis nous avons décidé de vivre de l’indigo et plus généralement, de toutes les plantes à couleurs. Nous les testons toutes. Finalement, nous sommes tombés dans la marmite ! »
Anne et Ghislain ont ouvert une boutique à la Désirade en début d’année dans laquelle ils commercialisent leurs créations. « Tout est bio, précise Ghislain. Nous n’utilisons pas de produits chimiques. Mais rien n’est simple. C’est en effet très compliqué de synthétiser l’indigo et de réaliser cette teinture. »  
Anne et Ghislain entendent également partager leur passion. Ils animent régulièrement des ateliers pour enfants et adultes au cours desquels chacun apprend à fabriquer indigo mais aussi des encres végétales à l’ancienne.

>> Retrouvez les dates de leurs prochaines interventions sur www.destination-guadeloupe.com ou sur www.maisondelindigo.com

Indigoterie, Guadeloupe

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Cours de natation en guadeloupe

Les cours de natation en guadeloupe ont lieu le mercredi en dehors des vacances scolaires et sont donnés en mer, par un maitre nageur sauveteur diplômé d’Etat, titulaire du BEESAN. Les groupes ne dépassent pas 8 enfants et une piscine est disponible en cas de mer trop agitée.

Tarifs : 150€ par trimestre, comprenant 10 séances de 1h.

Pour les cours et inscription contactez Antoine au 0690612975

Le Fort Fleur d’Epée : une vue à couper le souffle

Fort Fleur d'épéeErigé en 1794 sur le morne du quartier du Bas-du-Fort, au Gosier, le Fort Fleur d’Epée commande l’entrée du petit Cul-de-Sac marin et la rade de Pointe-à-Pitre. Le fort fait partie d’un ensemble de protection, avec le Fort l’Union et la batterie de l’îlet à Cochons. Le site forme un polygone fortifié à la Vauban. Son entrée est marquée par deux volumineux piliers en pierre de taille frappés de deux pyramides saillantes, posées sur un piédestal massif. Ils ouvrent sur une esplanade d’une cinquantaine de mètres de large d’où l’on distingue une poudrière, sous laquelle est dissimulé un réseau de galeries. Le Fort Fleur d’Épée est de nos jours transformé en musée occasionnel.


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Le golf international de St François

Signé du plus célèbre architecte américain Robert Trent Jones, le golf international de Saint-François redéploie depuis décembre dernier, ses 18 trous entre cocotiers et palmiers royaux, à portée de fer 7 de la mer des Antilles. 18 mois de travaux ont été nécessaires pour améliorer l’esthétique et la qualité du parcours. Les principales transformations portent sur la création d’un lac au départ du trou n° 13 et le rajout d’un bunker au trou n°2 en fond de green. Son parcours, d’une meilleure qualité, offre des greens et des fairways homogènes et de bonne tenue, bordés de fleurs et où les alizés dispensent la fraîcheur nécessaire quand le soleil apparaît.  Quant au club house, il est depuis peu en pleine restructuration et dans un an, un nouveau restaurant permettra une halte bienfaisante. En attendant, les joueurs seront accueillis dans les Hauts de Saint François à l’ancien UCPA. Accès sécurisé et navettes gratuites permettent d’accéder directement au practice. Pro shop, matériel, caddies et voitures électriques peuvent être loués sur place.

 

L’inauguration officielle est prévue en avril prochain.

Infos pratiques
– 18 trous 5990m PAR 71 Technique : 4.00
– Sportivité : 3.00
– Handicap mini homme : 53
– Handicap mini femme : 53.
Le golf est ouvert tous les jours de 7h30 à 18h. La licence est requise pour jouer, mais si vous ne l’avez pas, le golf propose des assurances journalières en vente sur place. Aucun handicap n’est requis pour jouer.

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La colonisation aux Saintes

Tout au long de leur histoire, les Saintes ont forgé leur réputation sur leur rade, cette magnifique anse, qui appartient depuis quelques années au Club des plus belles baies du monde. Les Amérindiens n’y font qu’une courte halte entre l’occupation de deux autres îles, bien plus riches en eau et en gibier : la Dominique et la Guadeloupe. L’occupation du petit archipel des Saintes situé à 15 km au sud-ouest de la Guadeloupe commence véritablement en 1493, année du second voyage de Christophe Colomb et de la découverte de cet archipel qu’il baptise les Saintes, par référence aux fêtes de la Toussaint (4 novembre 1493). Dès lors, flibustiers, corsaires, pirates et autres boucaniers des îles du Nord y trouvent refuge, dans la rade ou dans la baie de Pompierre.

Les débuts de la colonisation
Entre 1648 et 1652, une trentaine de colons débarquent à Terre-de-Haut, à l’initiative de Charles Houel, un gentilhomme normand à la réputation d’aventurier, qui occupe les fonctions de gouverneur de la Guadeloupe. Ces colons, désignés sous le nom d’engagés ou de «trente-six mois» car ils contractaient un engagement de trois ans, embarquent des différents ports de la côte atlantique française, la Rochelle, Nantes, Lorient, Brest ou Saint-Malo. La colonisation de l’île coïncide avec le début de l’esclavage, mais l’impossibilité de cultiver la canne à sucre sur l’île à cause du manque d’eau, limite l’arrivée massive d’esclaves qui ne constituèrent jamais plus du tiers de la population totale. Au XVIIIe siècle, de nouveaux colons s’installent, dont le patronyme est aujourd’hui porté par une majorité de Saintois. On retrouve ainsi dans l’annuaire de longues listes de Cassin, Deher, Maisonneuve, Joyeux, etc., embarqués pour les Antilles. En 1671, Terre-de-Haut accueille «23 maistres de cases, 9 femmes mariées, 7 garçons et quatre filles, soit 43 blancs», auxquels s’ajoutent dix noirs ou métis.

 

 

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EXCURSION EN BATEAU ET VISITE DE LA MANGROVE EN GUADELOUPE

La Grande terre,  plate et aride  bassin de la canne  à sucre,  la Basse terre humide et volcanique berceau de la banane, dominée par le volcan de la Soufrière. Ces îles sont séparées par le chenal de la rivière salée reliant le Petit et le Grand cul de sac marin. Pour découvrir le plus grand cul de sac en petit comité

 

Le Pass’ Partou et son capitaine, un enfant du pays vous fait partager sa passion au départ de Vieux bourg Morne à l’eau, village de pêcheur résolument tourné vers la mer  devenu incontournable pour l’écotourisme.

Guide maritime confirmé et il vous propose d’embarquer à Bord de son bateau à moteur de type catamaran open, construit à l’unité pour la promenade en mer. Après avoir reçu les consignes de sécurité, vous naviguerez au cœur du parc national vers les plus beaux îlets, la mangrove et la réserve naturelle reconnue patrimoine mondial UNESCO

ArtzExpo … Expo en mouvement … le 11/07/2009

L’Association ArtzGwadloup, nouvellement crée, a pour but de promouvoir les arts guadeloupéens, les échanges culturels caraïbéens. Loin de répondre à une simple mode caraïbéenne, les membres fondateurs sont réellement engagés dans ce nouveau défi. Celui-ci est né d’un constat : nous ne connaissons que très peu nos peintres, sculpteurs, artisans, et encore moins ceux des îles voisines. L’heure est venue de porter notre regard sur ce qui nous entoure, sur ce qui nous appartient, ce qui nous ressemble.

A terme, ce sont plusieurs manifestations de plus ou moins grandes envergures qui sont programmées, sans compter la volonté de la création d’un fond d’aide aux étudiants les plus méritants, la promotion de voyages culturels. Nous vous invitons d’ores et déjà à visiter le blog de l’association.

 

Dans cet optique, ArtzGwadloup vous propose une première exposition, « ArtzExpo », le samedi 11 juillet 2009, de 10 heures à 18 heures.

 

Encore une expo, avec des tableaux à n’en plus finir ?

 

Non, celle-ci  sort des sentiers battus. Et c’est pas peu dire. Sur la commune de Ste Rose, à l’Anse des îles, le collectif d’artistes vous invite à une visite où la mise en valeur sera réciproque entre les œuvres et ce magnifique site. Matériaux, textures, couleurs participent à créer du mouvement dans le paysage exposé. Un jeu sonore et musical mettra en ambiance ce mouvement de manière originale. 

En famille, entre amis, seul, vous aurez plaisir à découvrir des artistes peu ou pas connus, prendre un bain de mer, déguster différents plats, thés et gâteaux  de notre terroir. (La visite de l’exposition est libre, seul le buffet est payant)  

 

Venez rencontrer vos artistes, connus et moins connus, tout en profitant d’un site naturel hors du commun. Samedi 11 juillet 2009, de 10 heures à 18 heures, à l’Anses des îles, Ste RoseAlors, le rendez vous est pris ?

Découverte de la Guadeloupe

Venez passez un moment de découverte sportive, historique, naturelle, de détente et de voyage culturel exceptionnel dans notre « PÉYI GWADLOUP »…

N’hésitez pas à nous contacter pour tout complément d’information au :

0690 835 835 (GSM) ou 0590 885 158 (Bureau)

Réservation ferme avant le 30 Juillet 2008 22h00.

 

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Guadeloupe Environnement Agricole

Agriculture paysanne une alternative pour demain
Intervenants : Mr Philippe ROTIN membre de l’UPG,

Et

Mr Elin LOSANGE président du GDA Eco Bio

« La favorisation de la biodiversité »

Agriculture paysanne, agriculture d’aujourd’hui pour demain. C’est l’agriculture durable.

Agriculture paysanne, technique de production en harmonie avec notre milieu et notre environnement en valorisant d’abord la biodiversité du territoire.

Pour le paysan c’est l’autonomie maximum afin de lui assurer un revenu décent.

Pour le pays c’est la recherche de l’autonomie alimentaire, préoccupation de toujours, et pour tous les pays.

Un concept simple, harmonie, agriculture, culture, nature et environnement.

– Les pratiques d’élevages : La race créole quel devenir ?

Intervenants : UPRA Créole

– Les déchets agricoles

Intervenant : Mr Gerardo SESSA Ecologiste

«Compostage, Méthanisation et nouvelles technologies »

« A partir de l’analyse de l’existant, des systèmes connus, mais dépassés, tel que le compostage et la méthanisation, l’intervention présente une des plus innovantes technologies dans le secteur de l’utilisation des matières organiques résiduelles, la Dissociation Moléculaire.

Malgré son nom à l’apparence compliqué, il s’agit d’une solution simple, économique et décentralisé.

Accessible à toute exploitation de plus de 1.500 Tonnes de résidus par an, et à toutes les communes de plus de 5.000 habitants. »

Soyons tous acteurs ecoresponsables pour une Guadeloupe Verte