CHAPELLE DAMBIÈRE : QUAND LE PATRIMOINE N’EST PLUS PROTÉGÉ

Durant la fête du patrimoine de ce week-end , tout ce qui contribue à la richesse culturelle de la Réunion sera présenté au public. Enfin, ce qui reste. Parce qu’au fil des ans, il y a des sites qui disparaissent… A Sainte-Marie, on parle encore de la chapelle Dambière.
A Sainte-Marie, les habitants ( de confession tamoule) auront une pensée triste ce week-end pour la chapelle Dambière. Une chapelle détruite le 24 février 2007 par la famille Barau. « Les documents attestent que cette chapelle fut (…) – Réinion


Durant la fête du patrimoine de ce week-end , tout ce qui contribue à la richesse culturelle de la Réunion sera présenté au public. Enfin, ce qui reste. Parce qu’au fil des ans, il y a des sites qui disparaissent… A Sainte-Marie, on parle encore de la chapelle Dambière.

A Sainte-Marie, les habitants ( de confession tamoule) auront une pensée triste ce week-end pour la chapelle Dambière. Une chapelle détruite le 24 février 2007 par la famille Barau. « Les documents attestent que cette chapelle fut construite par des engagés du Sud du continent indien en 1870 et elle est de nouveau signalée dans des documents datant de 1905. Elle témoignait réellement de la vie de nos ancêtres », affirmait l’historien Sudel Fuma.

Toutes les actions entreprises par des élus, des associations, des anonymes via des pétitions pour éviter cette destruction n’ont rien donné.

La Région a rappelé qu’une Charte pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine culturel réunionnais existe depuis novembre 2006 entre l’Etat, le Département, l’Association des maires et la Région et que « la protection de cette chapelle relevait de l’esprit et de la lettre de cette Charte ».

La Région et la Maison des Civilisations, associées à l’indignation soulevée par la destruction de cette chapelle, avaient demandé également que « réparation soit faite et que cela ne se reproduise plus jamais ».

L’Eco-musée aussi

Après la destruction de la chapelle sur la propriété sainte-marienne, des associations culturelles tamoules ont été reçues par l’Etat qui a « regretté le caractère précipité » de la destruction. Trop tard. Une délégation du Comité de sauvegarde des patrimoines réunionnais (Ramy Sepou André) a demandé notamment que soit poursuivi l’auteur de la destruction de la chapelle hindoue, construite au XIXème siècle par des engagés indiens dans la propriété de leur employeur.

En vain…

Et la chapelle Dambière n’est pas un cas isolé.

Nombre de belles cases créoles disparaissent sous le poids des immeubles et d’anciens sites sucriers sont aujourd’hui en ruines.

D’autres sites menacent aujourd’hui de prendre le même chemin funeste comme l’église de Champ-Borne ou l’éco-musée de Salazie dont l’avenir n’a toujours pas été déterminé…

« Il y a encore d’autres Dambière ! »

« Nous pensons qu’il ne faut pas gémir sur ce qui a disparu », indique Jean-Régis Ramsamy, président de ODI Réunion.

L’association pour l’organisation des initiatives de la Diaspora pense qu’il y a encore d’autres Dambière, qui font encore la richesse du patrimoine réunionnais. C’est en ce sens qu’elle travaille avec le Grahter, à présenter l’exposition des photos d’engagés indiens au prochain congrès du Pravasi (la diaspora indienne), au mois de janvier à Chennai (Madras).

« Ce n’est pas revenir sur des vieilles lunes que de rappeler que des esclaves et des engagés ont construit la Réunion d’aujourd’hui. »

D’ailleurs, avec Sudel Fuma, une stèle sera installée à Pondichéry en 2010.

« Avec l’exposition en Inde, la boucle est bouclée, c’est une dimension supplémentaire d’enrichir et de partager notre patrimoine, avec l’un des deux géants économiques du moment, c’est-à-dire l’Inde. Dans le même sens, nous réfléchissons avec le Gopio Réunion de la venue d’un ministre indien prochainement dans l’île. Nous ne devons pas rester sur une destruction exclusivment matérielle du patrimoine », ajoute-t-il.

Source site CLICANOO.COM


Posté: 2008-09-27 00:28:30


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