Défiscalisation aux Antilles

Premier arrêt : la parcelle cadastrée BX 936

Anse Vinaigri, petite crique fort sympathique, nous tombons sur M. Saada, le patron des magasins BUT et promoteur immobilier à ses heures perdues. On apprend qu’il y a acheté des mains d’un ingénieur en bâtiment un terrain très étroit et quasi inexploitable. Mais notre « meubleur »-promoteur a du flair, car son terrain est situé juste derrière une bande de terre classée « non constructible » donnant directement sur l’anse Vinaigri, et qui par ailleurs est la propriété de la Mairie du Gosier.

 

En plus d’avoir du flair notre « meubleur »-promoteur est un peu sans-gêne : car il ne s’est pas embarrassé de scrupules pour grignoter largement sur le terrain non constructible de la Mairie. Et aujourd’hui on voit se dresser le joli programme en défiscalisation, constitué de 4 petites villas les pieds dans l’eau, qu’il a opportunément nommé « Beaux Rivages ». Pourquoi se gêner ?

D’autant que le Maire a déjà été interpellé sur cette appropriation illégale, et ne semble pas en être particulièrement offusqué. A la Mairie, on assure que le nécessaire sera fait, mais on sait tous comment cette affaire finira. Le Maire va probablement se contenter de régulariser la situation de notre « meubleur »-promoteur, en lui cédant purement et simplement le terrain et on imagine que ce sera à prix d’ami.

Second arrêt : la parcelle cadastrée BX 939

Au détour du lotissement « Bel Horizon », nous découvrons, juste à côté, un terrain en bord de falaise qui était encore classé « non constructible » jusqu’à récemment. Ce terrain est un véritable havre de paix avec une vue magnifique sur la mer. D’ailleurs, lorsqu’il a été cédé à la Ville du Gosier à titre gracieux, il était convenu qu’il serait aménagé en espace vert public.

Pourtant à la dernière modification du plan d’occupation des sols, la Ville du Gosier a décidé de le déclasser et de le rendre constructible. Mieux, le terrain a même été partagé en trois lots dont les mauvaises langues disent qu’ils étaient réservés à d’anciens préfets très très intéressés par les petits passe-droits de la Guadeloupe. Et peu de temps après, sur ce même terrain, on a vu rôder des têtes connues de la SEMSAMAR. Du coup, comme nous explique un des riverains, ils se sont tous mobilisés pour stopper toute éventuelle opération immobilière sur ce foncier normalement destiné exclusivement au public.

Le timing était avec eux, puisque c’était juste avant les élections municipales. Du coup, comme par enchantement, tout s’est arrêté. Mais ils craignent que ça ne dure pas car l’équipe municipale en place, rassurée par sa réélection, a encore six ans pour faire la pluie et le beau temps.

Posté: 2008-09-02 00:29:00

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