Des centaines de milliers d’esclaves au paradis dominicain

Chaque année, pour l’ouverture de la zafra, la saison de la récolte de la canne à sucre, environ vingt-cinq mille Haïtiens gagnent le versant verdoyant de l’île — la République dominicaine. Le plus grand nombre grossira les rangs des braceros, coupeurs au service de la riche industrie de la canne. Appâtés par les promesses de salaires mirobolants de passeurs sans scrupules, les buscones, ils sont rapidement happés par l’engrenage : rackettés par les gardes-frontières ou par de simples voleurs qui se font passer pour des policiers, leurs papiers confisqués à leur arrivée, ils s’entassent dans des baraquements entourés de barbelés, sans eau potable ni électricité — les bateyes. Ceux qu’on appelle péjorativement les « Congos » doivent alors travailler de l’aube à la tombée de la nuit pour un salaire de misère.

Posté: 2008-09-18 16:31:53

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