Du pétrole sous le cimetière de Morne-à-l’eau !

Bien évidemment tout ceci n’est pas vrai. Ce qui l’est en revanche, c’est que le gouvernement d’Australie occidentale a donné son accord à un gros groupe de production d’énergie – Woodside – pour exploiter les gisements de gaz naturel situés sur les sites d’art rupestre des aborigènes qui ont plus de 30 000 ans d’existence.

 

C’est l’un des patrimoines culturels les plus anciens de l’humanité. Mais, pour les aborigènes, ces dessins gravés racontent la naissance du monde. Selon leur conviction religieuse, ce sont des sentiers imaginaires de songes tracés par des êtres mythiques et les dessins rupestres en sont les repères. Et, si ces sentiers des songes sont interrompus, le monde perd son équilibre. Ils sont pour eux la bible, l’église de leur culte toujours vivace aujourd’hui. Et pourtant, on est en train d’en déplacer toute une partie, d’en détruire d’autres à chaque nouveau chantier.

Du pétrole à Morne-à-l'Eau

Francis Logan – du Ministère de l’énergie – à même déclaré : « Bien entendu, le développement énergétique aura un impact néfaste sur l’art rupestre. Mais voyez-vous le monde est pris d’une faim d’énergie insatiable, surtout l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord. Et nous avons les moyens d’assouvir cette faim ».

Effectivement, au nom de cette faim énergétique, tout est maintenant permis. A charge, ces différentes actions comme l’approbation du Sénat américain aux forages pétroliers dans la réserve naturelle en Alaska protégée depuis 1960, Le Président Américain déclarant que cette nouvelle ressource de pétrole permettrait à son pays de renforcer son indépendance énergétique.

Et puis ce retournement de situation où le nucléaire est présenté comme une solution d’avenir écologique adaptable à l’échelle de la planète. Du jour au lendemain, il n’est plus question de déchets radioactifs ou de risques d’accidents nucléaires. Et puis c’est un peu vite oublier que l’uranium est aussi un minerai épuisable, disponible dans les mêmes ordres de grandeur que les ressources du pétrole. Ou encore, la bataille pour l’Arctique. Cette zone internationale dont huit pays (Canada, Danemark, EU, Norvège, Russie, Finlande, Islande et Suède) se disputent le sol et le sous-sol. La zone recèle d’importantes réserves de gaz et de pétrole inexploitées et attise les convoitises, sans oublier l’or, le zinc, le tungstène, voire l’uranium…

Chacun essayant d’en récupérer la plus grosse part. Ressources d’autant plus facilement accessibles du fait de la fonte de la calotte glaciaire due au réchauffement climatique de la planète ! Alors peu importent les peuples premiers, la faune, la flore, la biodiversité. Tous sacrifiés sur l’hôtel du profit et de la croissance.

Aujourd’hui on est capable de détruire des monuments sacrés vieux de 30 000 ans pour assouvir d’insatiables appétits financiers, sans que cela nous émeuve outre mesure. Et ce qui fait froid dans le dos, c’est que la petite anecdote fictive au sujet du cimetière de Morne-à-l’eau n’est pas si éloignée de notre réalité. Alors il serait plus que temps pour nous d’ouvrir les yeux et d’agir…

Posté: 2008-09-01 23:37:00

Lire le texte complet