Saint François Guadeloupe : L’Histoire de Saint-François

L’histoire de la ville de Saint-François (97118).

Découverte de la ville de Saint-François, ville de 10674 habitants, située en Guadeloupe région Grande-Terre, Elle possède de nombreux atouts touristiques, (plage, golf)

Autrefois première commune sucrière guadeloupéenne, la ville de Saint-François a pris un virage touristique grâce à ses sites naturels pittoresques comme la fameuse Pointe des Châteaux, tout en maintenant sa tradition agricole. Des fouilles archéologiques entreprises depuis 1995 à l’Anse à la Gourde ont confirmé la présence d’Amérindiens Arawaks de 300 à 1400 après J.C. Mais ce n’est qu’en 1683 que la paroisse des Châteaux fut fondée par la mission des Capucins qui la placèrent sous le patronage de Saint François d’Assise. Ceci constitua le début du peuplement, dont on peut remarquer que le nombre d’habitants (4.570 au total en 1790), la taille des propriétés et la diversité des cultures étaient inférieures aux autres communes du voisinage. Il s’agissait de modestes colonisateurs blancs cultivant essentiellement le coton, mais employant un nombre élevé d’esclaves (4,3% de la population servile totale de la colonie).

Dans les troubles de la Révolution Française, à l’époque de Victor Hugues, dans le mouvement de la déchristianisation, la dénomination de la commune fut changée pour le nom « Égalité ». Ce n’est qu’en 1801 qu’elle retrouve son nom traditionnel. Pendant les hostilités qui suivirent entre la France napoléonienne et la Grande-Bretagne, Saint-François fut plusieurs fois au centre d’opérations militaires. A l’époque de la Restauration, la culture de la canne à sucre représente déjà presque 50% de la superficie et on compte 36 « manufactures » de sucre utilisant 41 moulins, dont 30 à vent. Les autres cultures concernent le coton (avec 70 manufactures), les vivres et le manioc (repartis entre 8 manufactures). Ainsi, Saint-François s’était hissé au 3ème rang des communes, derrière Petit-Canal et le Moule. Les années précédant l’abolition de l’esclavage connurent une vague d’affranchissement et en 1835, 3 sucreries, 18 cotonnières et 8 vivrières sont propriété des libres de Saint-François.

Fin 1837 se mettent en place les premières institutions municipales, n’incluant pourtant pas encore les affranchis sur les listes électorales. L’avènement de la République et l’abolition de l’esclavage en 1848 n’y changeront rien et sous le Second Empire le conseil municipal est nommé par le gouverneur. En dépit de ces aléas politiques s’affirme la vocation sucrière de la commune au détriment de celle du coton – avec en tête la plantation Sainte-Marthe, dont les propriétaires, la famille Pauvert, sont intimement liés à la vie politique de la commune. L’épidémie du choléra de 1865/66 en Guadeloupe ainsi que la sécheresse de 1871 ne touchent que très peu la région de Saint-François. Par contre, dans ces années suivant l’abolition de l’esclavage, se posa le problème de la main d’oeuvre et malgré l’instauration d’un système de récompenses et médailles pour garder les travailleurs sur les exploitations, on dût recourir à la main d’oeuvre étrangère. Ces immigrés, essentiellement en provenance de l’Inde, représentent bientôt 27% de la population de la commune qui s’élève alors à 6.500 habitants, et lui permet ainsi de s’élever au rang de la première commune sucrière guadeloupéenne. De ce fait, la bourgeoisie saint-franciscaine – avec toujours en tête les propriétaires de la Plantation Sainte-Marthe, seule usine à vapeur sur la commune – domine la vie sociale guadeloupéenne et est également à l’origine de la tradition de l’élevage de chevaux de courses qui s’est maintenue jusqu’à nos jours.

Au début du 20ème siècle, Saint-François est particulièrement touché par les troubles sociaux et les mouvements de grève ce qui contribua grandement à l’élection en 1910 des premiers députés socialistes guadeloupéens (Légitimus et Boisneuf). Lors d’un cyclone en 1928, Saint-François fut la commune la plus durement touchée de la Guadeloupe avec 80 morts, 200 blessés et des dégats importants. Un autre cyclone – Hugo – devra plus tard, en 1989, faire des dégâts matériels importants. A partir des années 30 l’hégémonie des familles de notables dans la vie politique semble prendre fin. La mairie passa de la famille Pauvert à Alexandre Macal en 1929, date de l’apparition des premiers patronymes indiens dans la vie politique saint-franciscaine. Avec une interruption lors de la 2ème Guerre Mondiale, Macal restera en place jusque dans les années 50, quand Lucien Bernier prend sa succession. Il devra rester à la tête de la commune pendant plus d’un quart de siècle et remplir parallèlement les fonctions de Conseiller général, sénateur et président du Conseil général.

Depuis 1989, Ernest Moutoussamy (PPDG) – député-maire, préside à la mairie de Saint-François. Saint-François engage des efforts pour le développement touristique de la région, vocation grandement facilitée par la présence des sites naturels pittoresques, comme la Pointe des Châteaux. Toutefois, la vocation agricole de la commune reste entière dans la partie Nord.