Guadeloupe : L’histoire du Moule

L’histoire de la ville du Moule en Guadeloupe (97160).

La Commune du Moule (20.827 habitants) s’étend sur 82,9km² face à l’océan Atlantique dont les rivages offrent de très belles plages de sable blanc, mais également de pittoresques falaises abruptes et des pointes calcaires sculptées. De par sa superficie elle est la deuxième ville de Guadeloupe et est limitée au sud par la commune de Saint-François, au nord-ouest par Petit-Canal et à l’ouest par Morne-à-l’Eau.
Le Moule est une ville chargée d’histoire. Ses nombreux vestiges encore visibles témoignent d’un passé commercial et portuaire florissant. 500 avant J C, le littoral est occupé par des amérindiens venus des îles sud de la Caraïbe, ou des Grandes Antilles, dans les migrations induites par la civilisation précolombienne installée en Amérique centrale. Sous régime royal espagnol à partir de la fin du 15ème siècle, Taïtos, Callinagos, Arawaks et Caraïbes se succèdent, jusqu’en 1660, date de leur départ forcé vers d’autres îles dans le cadre d’un traité franco-espagnol. A partir de la présence française en 1635, et pendant le 17ème siècle, le bourg se nommait Portland, la partie principale était située sur le lieu-dit actuel de l’Autre Bord, vers l’Est. Au cours du 18ème siècle, la ville devenue le fief de l’aristocratie coloniale, le centre se déplaça sur la rive gauche de la rivière d’Audoin, grâce au développement de la canne à sucre, et pour un meilleur emplacement portuaire sur l’Océan Atlantique. D’importants travaux de fortifications et d’aménagements furent entrepris, dont un môle de protection qui donnera à l’agglomération un nouveau nom : Le Moule. Devenu le principal port commercial de la Guadeloupe, il obtient le 20 septembre 1828, le droit d’exporter ses denrées vers la métropole, sans les faire passer par Pointe-à-Pitre. En relation « exclusive » avec le territoire français, il sera la cible des attaques de la flotte anglaise pendant la guerre napoléonienne du début du 19ème siècle, la bataille héroïque de 1809 restera une date historique pour la Guadeloupe.

En pratique, toute la canne à sucre, le sucre et le rhum en provenance de la Grande Terre furent embarqués au port du Moule. La ville jouissait d’un commerce florissant, par le transit complémentaire, du café, du coton, des engrais, du charbon, des pièces pour les usines et des matériaux de construction.

Au cours du 19ème siècle, avec ses nombreuses sucreries, une trentaine d’habitations, puis une centaine, vivaient d’un régime d’autosuffisance, par les cultures de la canne, du café, du coton, du cacao, des épices et des vivres en dominant l’économie guadeloupéenne, autour de 1850. Après cette date, on assiste à un nombre important de faillites, par les mauvaises récoltes, l’abolition de l’esclavage, la mise en production du sucre de betterave en Europe et la rigidité du « pacte colonial ». Une concentration des terres est nécessaire, ainsi que la modernisation des entreprises où les machines à vapeur remplaceront les anciens moulins. La crise sucrière provoque une nouvelle sélection, ainsi en 1901, seules 4 sucreries subsistent, Duchassaing, Zévallos, Marly et Gardel. Le Moule perd sa prédominance portuaire face à Pointe-à-Pitre, les centres d’intérêts se déplacent et la commune glisse dans l’abandon.

Le terrible cyclone de 1928 fut le détonateur d’un nouveau point de départ pour la commune, qui non seulement se releva de ses ruines avec l’équipe du maire Charles Romana, mais se dota de nouvelles structures, mairie, écoles, église, routes, espaces verts.

L’histoire du Moule, la plus riche de toute la Guadeloupe, a permis de conserver et de mettre en valeur de nombreux vestiges qui entraînent le visiteur dans un passé plein d’émotions.