Le Parc naturel de la Guadeloupe

De Vernou d'un côté, à Mahaut de l'autre, il suffit de rouler à travers les grands arbres et les fougères arborescentes, en s'arrêtant sur quelque aire aménagée, ou près d'un pont qui enjambe un torrent dont on peut suivre de l'œil la trouée vrillée dans le ruissellement végétal. C'est ce que font généralement les «tours», avec parfois une petite incursion de cent ou deux cents mètres sur un sentier piétiné jusqu'à un semblant de cascade qui semble condenser toute l'humidité de la forêt. Cela avec en prime, un arrêt près des «Deux Mamelles» bien nommées, où la vue s'étend au-delà des sommets crêpés de vert sombre, vers le Petit Cul de Sac Marin !

Superbe, mais il y a tout de même mieux. Ce mieux, ce sont les sentiers et les circuits taillés à même le massif qui vous l'offrent.

Certains sont bouclés en une heure au moins ; d'autres nécessitent un souffle plus ferme. Mais qu'est-ce que quatre heures, cinq heures de marche Fraîche et tranquille pour connaître autrement que par ouï-dire, l'empire végétal dans la splendeur de sa toute puissance :

mahoganys qui font la richesse veloutée des meubles anglais, acajous, fromagers, acomats boucan, courbarils, balatas ; rien ne

semble retenir leur ascension forcenée vers la lumière, sinon le jardin suspendu des lianes qui leur fait une perruque négligée où

viennent nicher les orchidées et les fougères. Pas un bruit, pas un craquement, pas trace du moindre animal, sauf parfois, dans

l'impressionnante demi-obscurité, la fuite éperdue d'un gros raton laveur au masque de clown, surpris près d'un ruisseau.