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Louis Delgrès 1766-1802

Louis Delgrès est né à Saint Pierre de la Martinique le 2 avril 1766. Il entre dans les milices en qualité de fusilier en 1783, est fait sergent en 1791 et une année plus tard devient lieutenant et sert à bord de la frégate La Félicité. On le retrouve à la Martinique sous les ordres de Rochambeau en 1783, lors de la défense de l’île contre les anglais. Il se distingue au combat le 20 février 1793, mais capturé par les ennemis, il est débarqué à Saint Malo, puis versé au bataillon des Antilles créé à Brest.

Nommé Capitaine la même année, il participe au siège de l’île de Saint Vincent, où il est à nouveau fait prisonnier et conduit dans les prisons d’Angleterre. Libéré peu de temps après, il est nommé chef de bataillon le 1er octobre 1800 et s’embarque pour la Guadeloupe aussitôt. C’est là qu’interviennent les événements tragiques qui le conduiront à la mort.

Louis Delgrès, a laissé son nom dans l’histoire pour le combat qu’il mena contre le gouvernement consulaire acharné à rétablir l’esclavage aux Antilles en 1802.

Delgrès apprend que des troupes françaises venues rétablir l’esclavage sont sur le point de débarquer. Le 6 mai la flotte française arrive à Pointe à Pitre, les troupes noires sont désarmées et emprisonnées dans les cales des navires. Et ce n’est qu’un début, car trois jours plus tard, Les troupes esclavagistes se présentent en rade de Basse Terre.

Pour Delgrès, la décision est prise ce sera la mort et la lutte plutôt que les chaînes de l’esclavage. Il harangue ses compagnons : « Mes amis, on en veut à notre Liberté, sachons la défendre en gens de cœur et préférons la mort à l’esclavage ». Puis aux militaires blancs il déclare : « pour vous, je n’exige pas que vous combattiez avec et contre vos pères, vos frères qui peut être se trouvent dans la division française ; déposez vos armes, je vous permets de vous retirer ensuite où bon vous semblera ». Il va sans dire que ses propos laissent les soldats de marbre. Mais sa décision de résister est bientôt connue dans les villages les plus reculés où des armées de civils se lèvent pour le rejoindre. Hélas ! Les combats tournent vite à l’avantage des militaires blancs et font des milliers de morts. Le 22 mai, au matin, Delgrès quitte le fort de la Poterne dans lequel il s’était enfermé, avec des centaines de soldats et de civils et se retranche à Matouba. Les combats continuent sous son impulsion. Malgré son courage, sa ruse et sa volonté, Delgrès est bientôt assailli. Mais pas question de pour lui de capituler. Avec une poignée de soldats fidèles il se donne la mort en faisant sauter un tonneau de poudre. Tragédie sur tragédie ; le 16 juillet suivant, l’esclavage est rétabli en Guadeloupe. Aujourd’hui Louis Delgrès a une plaque à son nom au panthéon.

Photos du Fort Delgrès, Basse-Terre, Guadeloupe