Orienter ses vacances

Cette année 6000 élèves de Guadeloupe peuvent prétendre y célébrer l’obtention du sésame et si l’on se réfère aux résultats de l’année dernière 80% soit environ 4800 changent de statut et deviennent pour beaucoup « étudiants ».

 Pour « étudier » quoi ? Pour faire quoi ? Toute petite déjà, quand j’embêtais ma mère, elle disait « Ti moun, ay chèché on travay pou fè ». Plus tard, c’était « Ay travay lékờl a-w, pou pé ni on travay ». Donc l’objectif c’est d’étudier quelque chose qui permette d’avoir un travail, parce que « Ou pa kay lékờl pou jwé ». Cet emploi qui sera une source de revenus, d’argent, de monnaie, pour payer…, une occupation d’au moins 8 heures/ jour pendant au moins 41 annuités et qui a aujourd’hui une importante valeur sociale. Combien de personnes attendent de savoir quelle fonction on exerce quand elles demandent « Tu fais quoi dans la vie ? » Sans oublier et ce n’est pas une moindre chose, sans déconner, que cet emploi pourra aussi être une source d’épanouissement.

Alors pour beaucoup c’est là que les « vraies hostilités » commencent. Vers 18 ans, savoir quel métier on envisage de faire n’est pas donné à tout le monde. Avoir un rêve depuis l’enfance, avoir un entourage bon conseiller ou encore avoir des résultats scolaires prédestinant à certaines filières n’est l’apanage que d’une partie.

Et les autres ?

Comment briller en staps en ayant choisi cette branche seulement parce qu’on allait vite au basket ? Comment éviter ce taux d’échec en première année de droit ? Comment avoir une vision à moyen terme des secteurs porteurs chiffrés par juste des déclamations comme « l’environnement c’est porteur !! » ?

En bref, comment s’orienter ?

Alors en fait, déjà en 4ème, on pose la question : 3ème générale, 3ème avec 3 ou 6 heures d’immersion professionnelle… Et puis en 3ème, on repose la question : 2nde générale ou technologique, BEP, CFA…

Dans ces eaux-là, la question de la vie active ne se pose réellement qu’à partir de 16 ans. « Mais bon, si t’as lâché tôt dans ta scolarité, à 16 ans t’es déjà prêt pour la galère » (dixit Yeswoo) Y aurait-il tant de personnes dans ce cas qui expliquerait que, chaque année, 11,5 % des jeunes sortent du système éducatif sans aucune qualification (Rectorat de Guadeloupe) ?

De plus, vous savez, oui vous deviez déjà le savoir, le brevet, ça compte pas.

Dans la chasse aux diplômes, vous savez aussi que le gibier ne manque pas mais que l’appétence du consommateur est moyenne. Ingénieur en micro-électronique ne sera pas très consommé isidan, tout ce que tu veux en vente-commerce-achat dégusté en toutes sauces, le licencié en maths braisé à l’enseignement… Pour tous, des conseillers d’orientation sont présents en CIO, à la Cité des métiers, dans les établissements… Pour beaucoup, les réponses obtenues n’ont pas été décisives. A mes questions de critères objectifs pour faire des choix, les réponses ont été suffisamment évasives pour me laisser penaude. Peut-être suis-je mal tombée ?

Lors mes excursions dans les forums de métiers petits (association d’étudiants) et grands (WTC, Place de la Victoire), j’ai vu des vendeurs de voitures, des radios, des trucs de bonbons, des banques, des professionnels aussi, des enseignants aussi. Mais malheureusement je n’ai pas eu les réponses tant désirées. Un exemple, sur le stand de la Générale des eaux : « Métiers de l’environnement, métiers d’avenir » qu’ils disent. Quels sont les besoins à moyen terme de l’entreprise, quelles compétences : ouvrier pour la maintenance des canalisations, secrétaire de direction, responsable de contentieux, ingénieur en assainissement…. Quoi ?

Tout ça me dit-on, tout ça… Et c’est clair qu’avec tout ça, les perspectives d’embauche dans les métiers de l’environnement sont infinies.

Le Medef a proposé d’identifier les besoins de certaines entreprises. Chapeau messieurs, bientôt, nous aurons une idée. Quand ? J’ai demandé et attends la réponse. Ils ont aussi contribué au débat université emploi.

Et le discours développé est intéressant : compétences des hommes et des femmes : facteur essentiel et levier important du développement économique, développement de pôles de compétences, réorientation d’une économie de rente à celle qui serait génératrice de valeurs ajoutées exportables, rapprochements des mondes de l’entreprise et de l’université….Et là, j’entends se soulever les hordes de réfractaires à certains aspects de la loi sur la nouvelle université. Et j’accompagne ce soulèvement car bien qu’intéressant, le discours est intéressé. (L’école a, à mon sens, la responsabilité prioritaire de former des hommes, à préserver des espaces de liberté). Mais puisque décentralisation, demandons à notre précieuse région de répondre à certaines de ces interrogations. Il existe un Schéma Régional de Développement Economique et de l’Emploi (SRDE) et un Plan Pégional de Développement de la Formation (PRDF). Oui, oui, schéma, plan, sigle…. Sans aller plus loin, très sincèrement, ce niveau de considération est-il dans l’esprit d’un jeune…..que les exams « ont déchiré »……que l’odeur des vacances « chire » déjà ???…..

Posté: 2008-09-01 23:11:00

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