Point de presse du 8 mai 2008 de la MINUSTAH

Point de presse hebdomadaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), animé par David Wimhurst, Chef du Bureau de la Communication et de l’Information publique, en compagnie du Cdt André Thouvenel de la Force militaire, de Fred Blaise, chargé de communication de la UNPOL avec comme invité, Ari Toubo Ibrahim, représentant en Haïti de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).
INTERVENTION DU CHEF DU (…) – Spécial


Point de presse hebdomadaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), animé par David Wimhurst, Chef du Bureau de la Communication et de l’Information publique, en compagnie du Cdt André Thouvenel de la Force militaire, de Fred Blaise, chargé de communication de la UNPOL avec comme invité, Ari Toubo Ibrahim, représentant en Haïti de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).

INTERVENTION DU CHEF DU BUREAU DE LA COMMUNICATION ET DE L’INFORMATION PUBLIQUE Bonjour tout le monde. Bienvenue à la conférence de presse hebdomadaire. Sophie Boutaud de la Combe est en voyage. Donc, c’est moi qui vais assurer le déroulement de cette conférence de presse. Je voudrais commencer avec une petite nouvelle sur les voyages de notre Chef de mission, M. Hédi Annabi, qui est le Représentant spécial du Secrétaire général. Il est actuellement au Chili en mission officielle cette semaine où les missions législatives de défense et des relations extérieures du Sénat débattent la question du prolongement pour un an et plus de la présence des 500 membres de troupes chiliennes en Haïti. M. Annabi s’est entretenu mardi avec des autorités du gouvernement chilien telles que le ministre de la Défense, le ministre des Affaires Étrangères. Après la réunion avec M. Annabi, le ministre des Affaires Étrangères, M. Alejandro Foksley a dit à la presse que la situation en Haïti démontre encore des fragilités, d’un point de vue politique, institutionnel et social et que c’était la volonté de son gouvernement que les forces armées chiliennes restent dans le pays encore un an, en solidarité avec le peuple haïtien ainsi que pour continuer à soutenir le travail de stabilisation que mène l’ONU. Les photos que vous voyez, ont été prises hier à Santiago où M. Annabi a pu rencontrer la présidente du Chili Madame Michelle Bachelet. A présent, j’invite mon collègue militaire, le commandant André Thouvenel de la marine française. Il va vous exposer les récents événements du côté des casques bleus.

INTERVENTION DU CHARGE DE COMMUNICATION PAR INTERIM DE LA FORCE MILITAIRE

Bonjour à toutes et à tous. La force militaire est présente sur le territoire et mène ses activités 24 heures sur 24. Elle continue ses opérations de sécurisation par la mise en place de points de contrôle fixes et mobiles à travers le pays. Comme vous pouvez le voir sur ce tableau, du 15 avril au 6 mai, 2.774 patrouilles motorisées, 1.901 patrouilles à pieds, 115 patrouilles maritimes et 509 postes de contrôle ont été effectués. L’objectif de ces activités est de maintenir un climat de paix à travers le pays et de permettre à la population de vaquer librement à ses occupations. Par ailleurs, la force militaire travaille au niveau des frontières, de concert avec la PNH et l’UNPOL, pour la sécurisation et la lutte contre les trafics illicites. Outre les activités sécuritaires, les militaires s’investissent pleinement dans des activités d’aide à la population. Ils fournissent des soins médicaux et dentaires et visitent les orphelinats. • Le 20 avril dernier, le bataillon argentin déployé aux Gonaïves, a distribué de l’eau potable dans cinq quartiers et a visité deux orphelinats : Le village des enfants de l’humanité à Marose et la Maison des enfants à Biennac. Les soldats ont distribué plus de 1500 litres d’eau potable et des repas à 105 enfants. • Le bataillon brésilien a distribué 230 plats chauds et 730 kits contenant chacun 1 kilo de riz, 2 kilos de sucre, 2 kilos de haricots et un litre d’huile à des familles démunies dans différentes zones telles que Pelé, Cité Militaire et Cité Soleil. • Le bataillon jordanien a procédé, de concert avec la population de Malo, au nettoyage de certains terrains et à leur préparation pour la semence. Les soldats ont également distribué 90 sacs d’école aux élèves de l’école publique de Malo. • Le bataillon chilien a fait un don de médicaments à la fondation Saint Dominique à Milot. • Le bataillon uruguayen, quant à lui, s’est rendu dans plusieurs orphelinats de la ville de Fort-Liberté. Ainsi, 390 enfants ont pu bénéficier de soins médicaux et de nourriture. • De son côté, la compagnie bolivienne a fourni des soins dentaires à des enfants dans la zone de Sarthe. • Enfin, les compagnies péruviennes et philippines ont visité des orphelinats et distribué des repas chauds aux enfants.

Au total, 926 personnes ont bénéficié d’une assistance médicale et 8.101 personnes ont reçu de la nourriture. Cent huit mille (108.000) litres d’eau ont été distribués et 2.071 élèves ont bénéficié de matériels scolaires. Le bureau d’information militaire continue de travailler sur la page militaire du site officiel de la MINUSTAH. Vous pouvez visiter cette page sur le site www.minustah.org, en cliquant sur Actualités, puis Actions militaires. Ainsi vous pourrez voir les différentes activités de la composante militaire. Je vous remercie de votre attention.

Merci Commandant. On va continuer avec Fred Blaise, le porte-parole de la police des Nations Unies. Il va vous communiquer les dernières informations et les statistiques sur les activités de la UNPOL. Merci

INTERVENTION DU CHARGE DE COMMUNICATION DE LA UNPOL

Merci David. Bonjour à tous. Je suis heureux d’être de retour après une absence de deux semaines. Comme d’habitude, nous allons commencer avec les statiques concernant les kidnappings. En mars 2007, il y a eu 25 cas et en mars 2008, 34. En avril 2007, il y a eu 22 cas et en avril 2008, il y a eu 33 Pour le mois de mai, jusqu’à hier nous avons enregistré trois cas sur tout le territoire dont deux à Port-au-Prince. Nous continuons d’enregistrer des actes de lynchage. Par exemple, pour l’année 2008, nous avons déjà 19 cas de lynchage. Pour l’année 2008, nous avons un total de 122 cas de kidnapping jusqu’à hier et 154 meurtres.

A Cavaillon dans la région des Cayes, il y a deux semaines de cela, la UNPOL avec la PNH et le commissaire du gouvernement d’Aquin ont mené une opération spéciale dans cette commune. Ils ont arrêté deux suspects en possession de 35 kilogrammes de marijuana. Il s’agit de G.F. 26 ans et J.G. 23 ans. Ils ont été arrêtés et conduits au tribunal.

Toujours aux Cayes, le 25 avril, la UNPOL, les FPU et la PNH ont mené une autre opération spéciale dans la zone appelée « Créole ». Trois suspects A.D.S., C.C., K.N. ont été arrêtés. Ils sont âgés respectivement de 22, 41 et 14 ans. Ils sont accusés d’avoir commis des actes de cambriolage à la base de la MINUSTAH.

A Pétion-Ville, le 25 avril dernier, conjointement avec la PNH, la UNPOL a répondu à un appel de secours. On a arrêté J.D.D. pour tentative de kidnapping à la rue Clerveaux. J’espère que la population continuera de supporter la PNH et la UNPOL afin que nous puissions mieux faire notre travail. Du 24 au 30 avril, la UNPOL et la PNH ont exécuté 105 mandats et effectué 75 arrestations de ces 105 mandats. Du 30 avril au 6 mai, nous avons exécuté 51 mandats d’arrestation, nous avons arrêté 101 suspects. Hier 7 mai, nous avons exécuté 21 mandats et 17 arrestations.

Points de contrôle effectués par la UNPOL, la PNH et les FPU sur tout le territoire : Du 24 au 30, 18 check points, 303 véhicules et 741 personnes contrôlées. Merci

INTERVENTION DU CHEF DU BUREAU DE LA COMMUNICATION ET DE L’INFORMATION PUBLIQUE

Je voudrais continuer en vous parlant un peu des efforts de notre section Réduction de la violence communautaire (CVR)qui va lancer prochainement des projets à haute intensité de main d’œuvre dans le département de l’Artibonite. Si vous vous rappelez bien, en octobre de l’année dernière, le Conseil de Sécurité a, au cours du renouvellement de notre mandat, prié la MINUSTAH de continuer à lutter contre la violence communautaire notamment en appuyant la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion et en centrant ses efforts sur les projets à haute intensité de main d’œuvre. Donc, nos collègues ont lancé depuis la fin du mois de mars 2008, un certain nombre de projets à haute intensité de main d’œuvre, HIMO, notamment dans les quartiers de Martissant et de Cité Soleil. Et là derrière moi, vous allez voir les images de ces projets à Martissant et Cité Soleil

Ces projets visent à mieux mobiliser les populations affectées par la violence afin de créer les conditions d’une paix durable en Haïti par le travail et l’amélioration de l’environnement socio-économique de cette population. Ils permettent d’expérimenter une approche participative de réinsertion, de mobilisation, de cohésion sociale impliquant tous les membres de la communauté. Avec le succès de ces projets, la section de la Réduction de la violence communautaire va étendre ses activités aux autres départements.

En effet, la mairie des Gonaïves et nos collègues de la MINUSTAH, de concert avec d’autres institutions nationales et internationales comme le CNDDR, l’OIM, le BIT, procéderont le lundi 12 mai au lancement officiel de 12 projets. Notons que l’ensemble de tous ces projets s’inscrivent dans le cadre d’un programme commun d’intervention contre la vie chère initié par la mairie des Gonaïves. Parmi ces activités figurent quatre projets financés par la MINUSTAH à travers la section de la Réduction de la violence communautaire. Elles couvriront les quartiers de Jubilé, Raboteau, Décahos, Carrénage, Ceprène et Ka Solèy. Il s’agit de projets suivants : curage de canaux et travaux d’assainissement aux Gonaïves, réhabilitation de la route Egalité aux Gonaïves, construction de bateaux de pêche et de trois hangars commerciaux aux Gonaïves et finalement mobilisation et travaux d’assainissement dans l’Artibonite, à Grande saline, Gros Morne, St Michel de l’Attalaye et St-Marc. Le montant total de l’ensemble de ces 4 projets financés par la MINUSTAH s’élève à 22.250.000 gourdes qui équivalent à peu près à US 578.000 dollars qui vont générer environ 3.030 emplois temporaires. Un système de rotation a été mis sur pied afin de permettre à un grand nombre de personnes de bénéficier des retombées immédiates de ces projets. Et ces projets ont été proposés par la mairie de Gonaïves et seront mis en œuvre par l’OIM, Organisation internationale de migration, l’Organisation de femmes progressistes des Gonaïves et le Rassemblement national pour l’évaluation de la pêche en Haïti.

Juste avant d’arriver à notre invité spécial de cette semaine, je voudrais simplement vous informer que dans le nord du pays, les Affaires Civiles ont appuyé l’organisation d’une formation de quatre jours à l’intention des maires, des directeurs généraux des mairies et des caissiers-payeurs. Cette formation a été financée par le ministère de l’Intérieur et par la MINUSTAH. L’objectif de cette formation était de traiter des finances locales, une initiative locale de développement durable et de l’aménagement du territoire. A la fin, sont intervenus le délégué départemental, les directeurs départementaux et les responsables du ministère de l’Intérieur. Trois ateliers ont été organisés pour la direction générale des mairies au Cap-Haitien, Limbé et Dondon et des participants ont souligné la nécessité d’améliorer les capacités de concertation, de coordination et de gestion des conseils communaux pour assurer le développement des communes. C’était vers la fin d’avril. .

Ainsi le 29 avril, le sous bureau régional de St-Marc a inauguré un projet à effet rapide, un QIP, d’atelier de formation et de loisir à la prison de St Marc. On a aussi assisté à l’organisation d’une journée de formation avec les partis politiques sur la promotion de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance dans le Nord.

Je voudrais vous informer que demain 9 mai à 10heures, il y aura une conférence de presse au ministère de la Justice. Le but de cette conférence de presse est de parler de la problématique de la détention préventive prolongée dans la juridiction du tribunal de Première instance de Port-au-Prince. Vous allez être présents pour la présentation du rapport final de la Commission consultative sur la détention préventive prolongée.

Maintenant, j’ai beaucoup de plaisir à introduire notre invité spécial, M. Ari Toro Ibrahim. Il est le représentant de la FAO en Haïti. Comme vous le savez, cette semaine, le Directeur général de cette organisation, M. Jacques Diouf a visité Haïti et a rencontré le président Préval pour discuter de la problématique de la production nationale. Notre collègue va nous parler du contexte de cette visite rapide et aussi du travail de la FAO en Haïti.

Mais avant de lui passer la parole, je voudrais vous inviter à voir un court métrage. Vous savez que la MINUSTAH, chaque deux semaines, présente à la télévision un programme qui s’appelle « Jwèt pou ou ». Il y a deux semaines, on a présenté à la télévision une série de petits courts métrages sur la vie chère et ses conséquences et la quête des solutions. On a un court métrage qui explique un peu un projet très intéressant géré par la FAO, qui est en train de se dérouler dans l’Artibonite. Après l’avoir visionné, vous comprendrez mieux les travaux de la FAO en Haïti. Merci. (Visionnement de la vidéo)

Maintenant, c’est avec plaisir que j’invite notre collègue Ari Ibrahim à vous en parler davantage.

INTERVENTION DU REPRESENTANT DE LA FAO EN HAITI Merci cher collègue pour votre invitation. J’ai pris mes fonctions ici en début d’année. J’ai accepté avec plaisir cette invitation en début de semaine, à la veille de l’arrivée de Directeur général de la FAO en Haïti. Je n’ai pas pu préparer comme les intervenants précédents quelque chose à projeter en même temps. Je me réjouis de l’opportunité qui a été donnée de faire voir quelques activités de terrain. Mais je crois qu’avant-hier, nous avons distribué des dossiers de presse à Montana pour nombre d’entre vous qui étaient avec nous, mais de toute façon, que nous pourrions toujours compléter pour ceux qui n’en ont pas reçu.

Effectivement, j’ai accepté cette invitation avec plaisir pour permettre à nos invités de mardi qui n’ont pas pu poser toutes les questions qu’ils voulaient poser au Directeur général de la FAO. Sans prétendre répondre à sa place, mais en tout cas, contribuer à éclairer à la fois le sens de cette visite mais aussi nos activités d’ici. M. Jacques Diouf a effectué une visite officielle, de solidarité, d’amitié avec le peuple haïtien, avec le gouvernement. Il était dans la région venant de New-York où il a conféré avec le Secrétaire général des Nations Unies. Il a continué en République dominicaine et au Vénézuéla avant de rentrer à Rome.

Cette flambée des prix des denrées alimentaires, il l’avait annoncé l’année dernière et avait attiré l’attention des dirigeants de ce monde dans l’idée de prévenir une telle catastrophe parce qu’effectivement, les mesures isolées que des pays peuvent prendre ne peuvent conduire qu’à cette situation. Ce que nous appelons « mesures isolées », ce sont des pays qui arrêtent les échanges alors qu’ils ont des échanges. Ce sont des pays qui peuvent utiliser leurs excédents à d’autres fins que celles de l’alimentation. C’est également une sorte de progrès dans un certain nombre de pays comme la Chine et l’Inde qui sont de gros producteurs de céréales, qui, aujourd’hui, en plus des céréales, veulent manger de la protéine. Laquelle protéine est produite à base de céréales. Ce qui conduit forcément à une réduction des disponibilités des céréales. Et voilà donc la flambée des prix pour des pays comme Haïti qui importent, bon an mal an, 350.000 tonnes de riz pour une production nationale qui ne dépasse pas 100.000 tonnes. Vous voyez donc l’embarras dans lequel se retrouvent les autorités du pays et la population.

Cette situation n’est pas une fatalité. Au niveau de la FAO, nous croyons dur comme fer qu’on peut la changer par une production nationale. Nous avons des cas concrets de pays qui en trois an, d’une situation d’importateurs sont devenus autosuffisants et ont même dégagé des excédents pour les exportations. Et je crois que c’était le message que le Directeur général venait partager avec son frère et ami, le Président Préval. Agronome entre eux, ils ont prix vraiment le temps d’échanger et longuement autour de ces problématiques. Donc, la FAO mène déjà ses acticités sur le terrain. Vous avez vu quelques illustrations. L’organisation est là pour encourager tous les pays à avoir un programme national de sécurité alimentaire. Qu’est-à-dire ? Il faudrait qu’au niveau local, au niveau des 500 sections communales, il y ait un volet sécurité alimentaire. Il n’y a pas de formule magique pour tout le monde. Chaque localité a ses spécificités, ses atouts et ses possibilités. Mais chacun peut produire quelque chose, s’il le faut…

La FAO n’est pas une institution de financement. C’est une agence spécialisée des Nations Unies pour les questions de l’agriculture, de la pêche, des forêts et des services agricoles. Comme tel, nous apportons nos conseils, nos avis et notre expertise. Nous apportons aussi bien sûr nos petits moyens pour non seulement démontrer la faisabilité des conseils que nous apportons mais également des expériences réussies ailleurs pour pouvoir les développer en grandeur nature. C’est dans ce cadre-là que nous intervenons comme nous l’avons dit, dans les différents domaines, sur les questions institutionnelles, nous accompagnons le gouvernement dans un exercice très important qu’est le recensement national de l’agriculture. Cela n’a pas été réalisé depuis 1980, c’est dire que les données sont totalement désuètes. On a besoin de données à jour pour pouvoir faire une bonne programmation et pouvoir réussir les plans de développement. Nous accompagnons le gouvernement dans une nouvelle politique de relance de l’agriculture. C’est un processus en cours qui connaît une petite interruption avec le changement de gouvernement en cours. Mais c’est un processus, je crois, qui vise à compléter toute la stratégie de réduction de la pauvreté et les objectifs du millénaire.

Les questions de l’environnement, particulièrement, la couverture végétale est une préoccupation majeure. Nous sommes actifs dans la réflexion, dans le schéma directeur, dans les plans d’actions à cet effet. Naturellement, nous avons également une composante Urgence agricole. Suite aux catastrophes naturelles, les inondations d’octobre 2007, mais aussi celles qui l’ont précédée et celles qui l’ont suivie, nous ont amené à développer des activités de recouvrement, de réhabilitation après les évaluations qui ont été réalisées. Nous intervenons aussi bien dans le Sud, dans la Grande Anse aussi bien que dans l’Ouest, mais aussi dans le Nord et le Nord-Ouest. Voilà donc, en guise d’introduction, ce que je peux vous dire. Je me tiens évidemment à votre disposition pour répondre aux questions liées à cette visite, liées à nos interventions et à ce que vous avez vu. Je vous remercie.

Merci beaucoup mon cher collègue. Maintenant, c’est le temps des questions. Qui veut être le premier ? *******

QUESTIONS / REPONSES

1- M. Ibrahim, on entend des fonctionnaires des Nations Unies émettre l’idée que la République dominicaine devienne le grenier de la Caraïbe. Ne croyez-vous pas qu’une pareille décision pourrait aggraver la situation de déficience d’Haïti en matière alimentaire ?

M. Blaise, j’aimerais avoir un bilan global du nombre de kidnappings recensés durant cette période ?

Ari T. Ibrahim : Merci. C’est une question de brûlante actualité. Il y a eu, en fait, une initiative. C’est une volonté d’un gouvernement de pouvoir ambitionner d’être un pourvoyeur de produits alimentaires pour une région. C’est une ambition légitime. Effectivement, ils ont quelques atouts pour le faire mais ceci doit plutôt inciter les autres pays également, tant qu’ils ont la possibilité de le faire, de viser au moins à accroître la production nationale, et pourquoi pas, comme je l’ai dit, à faire des excédents. Je vous donne un cas concret : le Malawi, en Afrique australe, était un pays, il y a 5 ans, dépendait des importations de maïs. Le Président a pris son courage à deux mains et a dit que lui, désormais, il se proclame ministre de l’Agriculture et occasionnellement, Président de la République. Et il a mis l’accent sur cela. Qu’est-ce qu’il a fait ? Il a assuré un approvisionnement en intrants, c’est-à-dire en semences et en engrais qu’il a subventionné à 50% des prix afin que tous les paysans disposent des intrants pour accroître leur production. De 1 million de tonnes, ils sont passés dès la première année à 2 million, la deuxième année, 2 millions 500 ; la troisième, ils sont arrivés à 3 millions. Et là, ils ont dépassé largement leurs besoins et commençaient vraiment à exporter.

Je crois que ce sont des expériences qui peuvent inspirer beaucoup de pays. Si La république dominicaine veut dégager des excédents pour l’exportation, il n’y pas de raison pour qu’Haïti, qui a des potentialités pour accroître sa production nationale au moins dans un domaine que l’on connaît assez bien : le maïs, le sorgho, le riz. Même si le riz, par le passé, le pays a produit jusqu’à 200.000 tonnes, aujourd’hui, il est à 80.000 tonnes. Ce qui veut dire qu’il y a encore la possibilité d’accroître la production nationale de riz. Certes, qu’il n’y aura pas assez pour couvrir tous les besoins en riz, mais encore une fois, il y a une politique qui a conduit aujourd’hui à cette dépendance par les pays qui le produisaient en grande quantité.

On a subventionné, on a habitué les gens à consommer le riz à bon prix. Il n’y aura plus du riz à bon prix. Maintenant, il faut payer le riz au prix coûtant et d’ailleurs, vous pouvez le constater dans l’Artibonite aujourd’hui. Les paysans se frottent les mains parce que leur coût de production est tout à fait atteint par le coût international. A ce coût, ils peuvent aussi produire et écouler leur production. Mais je le dis encore une fois, les besoin de ce pays en riz aujourd’hui sont hors de proportion avec la capacité de production nationale sans investissements importants. Il faut beaucoup d’investissement pour pouvoir atteindre une autosuffisance en riz…Vous avez vu dans la vidéo, il y a un rendement qui peut passer de 5 à 15 tonnes de patates douces, c’est dire qu’il y a des potentialités et des possibilités. Vraiment, je crois que la balle est dans notre camp et aujourd’hui c’est une opportunité que cette flambée des prix qui doit nous amener à accroître la production nationale. Merci.

2- (Reprise de 1) Peut-être que j’ai mal formulé ma question, je précise pour vous : C’est une idée des fonctionnaires des Nations Unies. D’ailleurs, ils envisagent une enveloppe de 800 millions de dollars pour la réalisation de ce projet.

Ari T. Ibrahim : Les experts de la FAO ont demandé1milliards 700 millions de dollars pour que le pays aujourd’hui, concerné par la flambée des prix des produits alimentaires renverse cette tendance. Et Haïti fait partie des 4 pays pilotes à partir desquels on veut lancer cette initiative.

Fred Blaise : J’ai déjà donné le bilan. Je vais tout de même le reprendre, d’abord sur une base mensuelle, ensuite pour toute l’année. Au niveau des kidnappings, nous avons enregistré 34 cas au mois de mars, 33 cas au mois d’avril et 3, jusqu’à hier, pour le mois de mai. De janvier à hier, nous avons enregistré 122 cas de kidnapping, 144 meurtres et 19 lynchages au total.

3-M. Ibrahim, de 1991 à nos jours, Haïti a bénéficié de plusieurs centaines de millions de dollars d’aide de la communauté internationale. Paradoxalement, les conditions de vie de la population se dégradent. Le pouvoir d’achat a chuté. Comment sera articulée l’aide de la FAO à Haïti dans le cadre de la relance de la production nationale ?

Ari T. Ibrahim :C’est une question très pertinente. Je crois qu’effectivement, l’aide publique au développement en Haïti comme dans d’autres pays en développement, n’a pas eu l’impact attendu. Ceci interpelle tous les acteurs, c’est-à-dire, à la fois les gouvernements des pays mais également les partenaires au développement. Il s’agit effectivement, pour tous, de tirer les leçons de ceci pour changer nos fusils d’épaule. La FAO effectivement à lancé une initiative avec les agences sœurs comme le FIDA, le PAM, très vite rejoint par la Banque mondiale, qui vise à accroître de façon durable la production alimentaire mais également un certain nombre de réforme à la fois macroéconomique, fiscale et commerciale. En ce moment même, une mission est en train de se dérouler pour formuler son plan d’action autour de cette initiative-là. Comme je l’ai dit, le Directeur général de la FAO ont échangé longuement sur l’initiative du Président et le Président a sollicité que la FAO examine cette initiative, la complète si elle le souhaite au plan de fiche technique pour réussir son ambition aussi de renverser cette tendance de dépendance aux importations et à faire face aux besoins alimentaires du pays.

Nous entendons effectivement accompagner en commençant par la campagne de juillet de cette année. Nous entendons, à partir de nos moyens propres, mais aussi de ce que les partenaires veulent accompagner notre action : pourvoir en semences de haricot mais aussi de maïs les mornes parce qu’en fait, les paysans les plus vulnérables se situent dans ces zones. Et c’est par eux peut-être qu’il faut commencer. Nous avons déjà, nous, sur nos fonds propres, une somme de 1 million 500 mille dollars affectée aux achats et l’opération est en cours au niveau de la consultation des fournisseurs. Nous espérons avoir 5 millions de dollars du FIDA pour accompagner cette initiative. Nous venons encore, ce matin même, de recevoir un appel des Nations Unies pour également accompagner cette initiative de sorte que réellement, si tous les partenaires jouent le jeu, déjà cette année, à partir de juillet, tous les besoins en semences de ces paysans puissent être couverts. Et la campagne d’octobre-novembre également la même initiative de mobilisation des intrants va se poursuivre ainsi que pour la campagne de février 2009. Voilà un peu notre démarche, il s’agit de réussir ces trois campagne à venir et de façon vraiment tout à fait engagé, au niveau du gouvernement, de ses partenaires et avec l’appui de la FAO.

4-Je m’adresse à M. Wimhurst. Après les événements violents de la première semaine d’avril, avez-vous réalisé un sondage d’opinion pour savoir ce que la population pense de la MINUSTAH ?

David Wimhurst : Effectivement, nous sommes en train de mener une enquête au sein de la population. Mais ce n’est pas en rapport avec les événements du début d’avril. Cela a été planifié depuis bien avant. C’est important pour la MINUSTAH de savoir comment elle est perçue au sein de la population. On avait déjà réalise un sondage d’opinion, il y a un an. Nous allons répéter l’exercice pour voir si les gens comprennent bien ce que nous faisons ici, si leur opinion a changé et quelles sont leurs attentes ?


Posté: 2008-05-12 19:51:12


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