Prévision cyclonique 2008

Une probabilité un peu supérieure à la moyenne est également anticipée quant aux «atterrissages » d’ouragan intense sur les côtes américaines, et même sur les régions de la Caraïbe.

Rappelons que ces pronostics sont essentiellement basées sur l’étude de nombreux paramètres analysés durant l’automne passé (mois d’octobre et novembre 2007), ces paramètres étant des bons prédicteurs d’autres paramètres météorologiques de la saison d’été 2008, ces derniers agissant directement sur la formation ou non des cyclones tropicaux sur la zone de l’Atlantique. Ces paramètres étudiés sont notamment :

– altitude géopotentielle de la surface isobare 500 hectoPascals (ou pression atmosphérique vers 5500 mètres d’altitude) sur le Nord Atlantique et aussi dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord ;

– pression atmosphérique au niveau de la mer sur la zone tropicale de l’océan Pacifique Nord-est ;

– température de surface de la mer dans le nord de l’océan Atlantique

– évolution des températures de surface de la mer près de l’équateur dans le Bassin Pacifique central et oriental : ce qui fournit une indication de la phase La Niña ou el Niño. Actuellement, on se situe plutôt dans une phase modérée de la Niña, qui devrait se poursuivre en 2008, et qui a pour effet d’augmenter l’activité cyclonique sur nos régions de l’Atlantique

En fonction des anomalies par rapport à la moyenne saisonnère de ces différents paramètres, P. Klotzbach et W. Gray cherchent les années dans la passé les plus proches de ces conditions observées : les années 1952, 1955, 1988, 1998 et 1999 ont été retenues. Et donc, à partir de l’activité observée durant les années qui ont suivi (1953, 1956, 1989, 1999, 2000), ils calculent comment seront, durant l’été 2008 sur la zone de l’Atlantique, les vents alizés (vers 600/800 m d’altitude), les vents dans la haute troposphère (vers 12000 m d’altitude), la température de la mer, les pressions barométriques de surface.

Tous ces paramètres météorologiques devraient être, selon eux, plutôt favorables à la formation des cyclones tropicaux.

Les chiffres retenus ensuite sont un savant dosage entre la moyenne de l’activité observée durant les années « analogues » pré-citées, assortis d’un coefficient d’ajustement pour tenir compte de la forte activité constatée depuis 1995 sur les régions considérées (due à un cycle naturel de 20/30 ans déjà mis en évidence).

Bien entendu, et n’hésitons pas à le rappeler, il faut prendre ces chiffres comme ce qu’ils sont, résultats d’études théoriques à base statistique, et se contenter de les interpréter comme une tendance générale, sans en retenir les valeurs exactes. D’autant qu’on sait que les bilans de fin d’année sont le plus souvent bien différents de ces chiffres annoncés en début de saison. En 2005, comme en 2006, et même encore pour l’année écoulée 2007, les prévisions furent tout de même assez éloignées de la réalité : une grosse sous-estimation en 2005, une sur-estimation en 2006 et même en 2007,….

Mais l’on peut toutefois annoncer qu’en l’état actuel des connaissances de l’atmosphère durant l’automne 2007, de nombreux indices concordent pour que l’on puisse s’attendre à une année cyclonique 2008 sur l’Atlantique assez active, mais un peu moins que la moyenne des 13 dernières années.

Voici enfin les probabilités que certains territoires soient touchés par un ouragan intense en 2008 :

– Côtes américaines (toutes de la frontière mexicaine au Canada) : 60 % (moyenne sur 100 ans : 52 %)

– Côtes américaines atlantiques (du sud de la Floride au Canada) : 37 % (moyenne 31 %)

– Côtes américaines du Golfe du Mexique (Texas – Floride) : 36 % (moyenne 30 %)

Risque supérieur à la moyenne pour les iles et territoires des Caraïbes et des Bahamas

Site Internet sur lequel on peut retrouver les détails de cette étude : http://hurricane.atmos.colostate.edu/Forecasts/2007/dec2007/dec2007.pdf

 

sources meteo.fr